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Encyclopédie universelle

Qu'est-ce que la guerre de Gaza ?

Le 7 octobre 2023 fut le déclencheur ; la catastrophe fut ce qui suivit. Le ministère de la Santé de Gaza annonçait 74 016 Palestiniens tués au 26 septembre 2026.

Dernière mise à jour : octobre 2026

La réponse courte

Le 7 octobre 2023, des combattants conduits par le Hamas attaquaient Israël, tuant quelque 1 200 personnes et prenant environ 251 otages. Ce qui s’abattit ensuite sur Gaza fut une guerre d’une ampleur que l’enclave n’avait jamais endurée — une catastrophe qui se mesure avant tout en vies palestiniennes.

Contexte : un conflit préparé depuis des décennies

La guerre de Gaza n'est pas née du néant. Gaza est un territoire côtier étroit, long d'environ 41 kilomètres, qui abrite plus de deux millions de personnes, pour la plupart des descendants de Palestiniens qui ont fui ou ont été expulsés de leurs foyers pendant la guerre de 1948 qui accompagna la création d'Israël. Israël occupa Gaza en 1967, pendant la guerre des Six Jours. En 2005, Israël retira ses colons et ses soldats de Gaza tout en gardant le contrôle de ses frontières, de son espace aérien et de son littoral. En 2007, après que le Hamas — un mouvement islamiste qui rejette l'existence d'Israël — eut remporté les élections puis pris le contrôle de Gaza aux dépens de son rival le Fatah, Israël et l'Égypte imposèrent un blocus sur le territoire, que les deux gouvernements décrivirent comme une mesure de sécurité et que leurs critiques qualifièrent de punition collective.

Entre 2008 et 2021, Gaza et Israël se livrèrent une série de guerres — en 2008–2009, 2012, 2014 et 2021 — chacune suivant un schéma similaire de tirs de roquettes depuis Gaza et de frappes aériennes israéliennes, chacune se terminant par un cessez-le-feu qui laissa les questions de fond sans réponse. Le conflit israélo-palestinien plus large, portant sur la terre, l'État, les réfugiés, Jérusalem et la sécurité, n'avait produit aucun règlement définitif depuis les accords d'Oslo des années 1990, et en 2023 un processus politique vers une solution à deux États était depuis longtemps au point mort. C'est dans ce contexte qu'éclata la guerre d'octobre 2023.

Le 7 octobre 2023 et la campagne israélienne

Le 7 octobre 2023, des militants dirigés par le Hamas lancèrent une attaque de grande ampleur contre le sud d'Israël, franchissant la barrière frontalière, submergeant des positions militaires et attaquant des communautés civiles et un festival de musique. Selon les autorités israéliennes, environ 1 200 personnes furent tuées, pour la plupart des civils, et environ 250 personnes furent emmenées en otage à Gaza. Le Hamas et les groupes alliés décrivirent l'attaque comme une résistance à l'occupation et au blocus ; Israël, les États-Unis, l'Union européenne et d'autres gouvernements la qualifièrent d'atrocité terroriste. L'attaque fut le jour le plus meurtrier pour les Juifs depuis la Shoah, et elle traumatisa la société israélienne.

Israël répondit par une campagne militaire massive à Gaza, déclarant pour objectifs de détruire les capacités militaires et gouvernementales du Hamas et de récupérer les otages. Un bombardement aérien intense fut suivi d'une invasion terrestre, et la campagne se déroula par phases : le nord de Gaza, puis Khan Younès au sud, puis Rafah, à la frontière égyptienne, en 2024. Les responsables israéliens affirmèrent que le Hamas implantait ses combattants et ses infrastructures dans des zones civiles, y compris dans des tunnels sous des quartiers résidentiels, des hôpitaux et des écoles — une affirmation que le Hamas contesta en partie tout en reconnaissant son réseau de tunnels. La campagne mobilisa toute la puissance de l'aviation, de l'artillerie et des forces terrestres israéliennes, les États-Unis fournissant de grandes quantités de munitions.

La catastrophe humanitaire

La guerre produisit l'une des pires crises humanitaires du XXIe siècle. Selon les autorités sanitaires de Gaza, dont les chiffres ont été cités par les Nations unies et l'Organisation mondiale de la santé, le bilan palestinien des morts dépassa 50 000 au printemps 2025, les femmes et les enfants représentant une part importante des morts. Israël a contesté la répartition entre combattants et civils dans ces chiffres, et a affirmé que ses forces prenaient des mesures pour limiter les dommages civils ; une vérification indépendante à l'intérieur de Gaza a été extrêmement difficile, Israël ayant largement interdit aux journalistes étrangers d'entrer de manière indépendante. Les chiffres sont contestés, mais l'ampleur de la destruction ne l'est pas : dès 2024, des évaluations de l'ONU constataient que la majorité des bâtiments de Gaza avaient été endommagés ou détruits.

La quasi-totalité de la population de Gaza fut déplacée au moins une fois, selon les agences de l'ONU, de nombreuses familles plusieurs fois, les ordres d'évacuation poussant les civils d'une partie du territoire à l'autre. Nourriture, eau, médicaments et carburant furent à plusieurs reprises rares ; les agences de l'ONU et les organisations humanitaires mirent en garde contre des conditions de famine, et le système de classification intégrée de la sécurité alimentaire (IPC) constata que des parties de Gaza faisaient face à la famine. Les hôpitaux furent submergés, endommagés ou fermés, et l'acheminement de l'aide fut à plusieurs reprises perturbé par les combats, par les restrictions israéliennes et par l'effondrement de l'ordre à l'intérieur de Gaza. Israël affirma faciliter les livraisons d'aide et accusa le Hamas de détourner les approvisionnements ; les agences d'aide affirmèrent que les quantités autorisées étaient très inférieures aux besoins de la population.

Otages, cessez-le-feu et diplomatie

La diplomatie accompagna les combats dès le début. Un premier accord sur les otages et le cessez-le-feu en novembre 2023 produisit une pause d'une semaine et la libération de plus de cent otages en échange de prisonniers palestiniens. Un autre accord en janvier 2025 apporta un cessez-le-feu plus long et de nouvelles libérations d'otages, mais il s'effondra en mars 2025 et les combats reprirent. Les médiateurs — principalement les États-Unis, l'Égypte et le Qatar — continuèrent de travailler sur des propositions de cessez-le-feu permanent, de libération des otages restants et d'arrangements pour la gouvernance future de Gaza. À l'intérieur d'Israël, les familles des otages et leurs partisans organisèrent de grandes manifestations exigeant un accord ; à l'intérieur de Gaza, les civils ne disposaient d'aucun espace public comparable pour exprimer leur dissentiment.

La guerre se répercuta à travers la région et le monde. Le Hezbollah au Liban et Israël échangèrent des tirs pendant plus d'un an, un conflit qui s'intensifia en une campagne israélienne majeure au Liban en 2024. Les Houthis au Yémen attaquèrent la navigation en mer Rouge, perturbant le commerce mondial. L'Iran et Israël échangèrent des frappes directes en 2024, une première dans leur longue guerre de l'ombre. Dans les capitales occidentales, la guerre produisit des manifestations de masse, des bouleversements universitaires et un débat public féroce sur l'antisémitisme, l'islamophobie, la liberté d'expression et les limites de la force militaire.

Droit international et la question de la suite

La guerre devint aussi un test du droit international. En décembre 2023, l'Afrique du Sud saisit la Cour internationale de justice, accusant Israël de génocide ; Israël rejeta l'accusation comme infondée et affirma que sa campagne visait le Hamas, non les Palestiniens en tant que peuple. La Cour ordonna à Israël de prendre des mesures pour prévenir le génocide et permettre l'aide humanitaire, sans ordonner l'arrêt de la campagne. En novembre 2024, la Cour pénale internationale délivra des mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et l'ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, ainsi que contre le chef militaire du Hamas Mohammed Deif, pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité ; Israël et les États-Unis rejetèrent la compétence de la Cour, tandis que les mandats furent salués par d'autres. Les procédures judiciaires devraient durer des années.

Les questions fondamentales du conflit restent sans réponse : qui gouvernera Gaza, comment sa reconstruction sera financée, si un État palestinien émergera, et comment Israéliens et Palestiniens pourront vivre en sécurité. Des visions concurrentes — annexion, solution à deux États, Autorité palestinienne réformée, administration internationale — sont débattues dans chaque capitale. Ce qui est certain, c'est que la guerre d'octobre 2023 a changé le Moyen-Orient plus profondément que tout événement depuis la guerre de 1973, et que ses conséquences façonneront la région pour une génération. Les chiffres des victimes, les résultats politiques et l'issue éventuelle de la guerre restent contestés et en évolution ; les lecteurs doivent consulter les informations actuelles provenant de plusieurs sources.

Sources et lectures complémentaires

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